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Cluj-Napoca...

27.01.2012 par Mich

Retour aujourd'hui d'un mini trip boulot en Europe de l'Est. A Cluj-Napoca, ancienne capitale de la Transylvanie en Roumanie, plus précisément, pour une formation Android dans une équipe de gens extraordinaires. Les roumains sont des très chouettes gens et ont vraiment un bon sens de la fête. J'y retournerai volontiers si l'occasion se représente.

Ces derniers temps, je n'ai plus trop de bol avec les avions. Du à des chutes de neige importantes sur toute la Roumanie (avec jusqu'à 1m à Bucarest!), le trafic aérien était fortement perturbé. Résultat: vol vers Budapest retardé et donc une correspondance pour Amsterdam ratée. On nous reroute sur un vol vers Varsovie au départ de Budapest afin d'ensuite y prendre un vol vers Amsterdam. Manque de bol: lorsque l'avion atterrit à Budapest, l'avion pour Varsovie ne nous attendra pas. En allant au guichet de Malev, on me met sur un vol pour Bruxelles, pour m'y mettre à l'hôtel afin que je puisse prendre l'avion pour Amsterdam le jour après pour revenir à Bruxelles en train ensuite. Tout ça parce qu'ils ne peuvent pas changer la destination de mon vol qui était... Amsterdam.

Enfin, ça m'aura quand-même permis de faire quelques petites photos sympathiques!

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2011, une putain d'année...

31.12.2011 par Mich

Beaucoup de choses se sont passées en 2011 dans ma petite vie. Quelques couacs par ci, quelques mauvaises fréquentations par la, des révélations familiales très WTF mais surtout aussi la rencontre de plein de chouettes gens. 2011, globalement ma meilleure année depuis longtemps.

Niveau voyages, cette année m'aura emmené à plein d'endroits. Des villes européennes comme Amsterdam, Eindhoven, Lodz, Londres, Berlin, Paris, les Etats-Unis pour un quatrième passage à San Francisco, en passant par Las Vegas pour y voir le Grand Canyon "pas loin" de la, une introduction d'un mois à l'Afrique sub saharienne avec le Sénégal et une introduction également au Moyen-Orient avec la Jordanie et Amman, la Mer Morte, Petra, Jerash. Une année de rêve, où j'aurais mis pied à des endroits où je n'aurais jamais cru mettre pied un moment.

Niveau professionnel, j'ai enfin quitté mon job à l'IT de l'UZ Brussel pour me lancer dans une aventure en solo, comme indépendant, donnant des formations à gauche à droite (Pays-Bas, Pologne, UK, Sénégal et Jordanie) et programmant des applications mobiles comme STIB pour iPhone. 2011 c'est aussi l'année où j'ai commencé à travailler comme freelance pour Emakina et où je prend mon pied depuis 4 mois comme dev mobile avec le premier job de ma vie où je me réjouit d'aller travailler. En 2011, j'ai failli déménager outre-atlantique pour le boulot, mais ça ne s'est finalement pas fait, ce n'est que partie remise.

Je ne sais franchement pas à quoi m'attendre en 2012. J'espère que l'année sera aussi bonne que 2011 même si ça sera difficile. Je vous souhaite en tout cas le meilleur de votre coté pour 2012.

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Sénégal 2011 : Jour 14 : Retour à Dakar

28.09.2011 par Mich

Après avoir pris le petit déjeuner avec Modou, nous allons visiter les jardins écologiques de Samba Dia. Ce sont des jardins "responsables" et "bio". C'est également un projet de réinsertion pour jeunes qui n'ont plus ou pas accès à l'enseignement. Ainsi, ils apprennent à cultiver fruits et légumes et d'ensuite en vivre.

Il fait trop chaud. Il n'y a quasi pas de vent. Lorsque nous sommes de retour aux cases je m'isole et prépare mes affaires. Ensuite, je discute encore un peu avec Modou, Mabou et le cousin de Modou en mangeant une noix de coco. Je partirai d'ici vers 15 heures afin de remonter sur Dakar en passant par Joal et M'bour.

Je prend un taxi brousse vers Joal-Fadiouth. Tout se passe bien. Je suis assis devant dans la même camionnette qui m'avait emmené ici. J'observe une dernière fois cette brousse défiler devant mes yeux.

Arrivé à Joal, je prend un clando vers l'autre gare routière. Un rapide attend d'être plein pour démarrer. Il m'appelle et me demande où je vais, je dis Dakar. Je suis moyennement tenté mais je me lance. Après tout, je suis ici et il faut au moins que je tente de voyager comme ca.

Le trajet est une réelle aventure. Le bus est encore plus bondé que l'on puisse imaginer. Chaque petit espace est occupé d'une manière ou d'une autre. Je me retrouve coincé entre deux mama sénégalaises. A M'bor, la majorité descend, je respire enfin un peu.

Sur le reste du trajet, il y a trop peu de monde dans le rapide. Il se range sur le coté de la route en attendant d'autres rapides également pas plein au maximum afin de "fusionner" les deux trajets. Un autre rapide s'arrête. Nous devons changer de bus. Nos bagages sur le toit sont mises sur le toit de l'autre rapide. Tout cela n'a pas l'air de trop plaire à une mama qui fait scandale. Elle a peur pour ses bagages. Elle monte sur le toit. Elle perd la moitié de ses vêtements et par malheur je vois sa poitrine. Bref. Je veille quand-même aussi à ce que mes bagages soient changées de bus.

Le bus qu'ils appellent "rapide" s'arrête partout. A chaque village des gens viennent vendre des trucs aux fenêtres. Des mangues, de oeufs,... Une femme demande au chauffeur d'attendre le démarrage, car elle négocie l'achat de feuilles de laurier.

Des gens montent, descendent du rapide. Je suis des fois vraiment étonné de voir ce qu'ils transportent: des sceaux avec je ne sais quoi dedans, de la paille, des filets de pèche et même des chèvres!

Au bout d'heures de route, nous nous approchons enfin de Bargny, une ville banlieue de Dakar. C'est ici que les légendaires bouchons d'entrées sur Dakar commencent. Nous passons facilement 2 à 3h dans les bouchons. Il y a des travaux à certains endroits mais également beaucoup de ces trucs qui sont une magnifique invention française exportée partout que sont les rotondes! Je constate par la même occasion qu'à Dakar, il n'y a pas de feux de circulation. Ce qui au final ne m'étonne pas, compte tenu des coupures de courant fréquentes.

En utilisant le GPS de mon téléphone je vois où nous sommes. Je décide de descendre et de continuer à pied, ce sera plus rapide. Une fois que je dépasse la zone de bouchons, je monte à bord d'un clando, qui m'emmènera de retour chez Vincent, où je récupère mes affaires, mange, boit une flag et raconte mon voyage avant de me rediriger vers mon appartement afin de m'y reposer.

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Sénégal 2011 : Jour 13 : Journée plage à Palmarin

26.09.2011 par Mich

Direction taxi brousse au croisement des routes au village. Le trajet se fait à travers des longues pleines sèche, en absence de végétation. On s'arrête non loin des campements de Palmarin.

Nous nous installons à hauteur d'un campement à l'abandon. Il y a dans l'eau également une épave d'un bateau japonais qui s'y serait échoué dans les années 60. Cet endroit a quelque chose d'un Dharma Initiative à la sénégalaise. J'aime. Il fait très calme par ici.

Modou lance le feu, nous allons griller deux poissons. Une fois prèt, c'est délicieux. Je ne suis pas un fan de poisson, mais là, c'est trop dur d'y résister. Ensuite, nous buvons du thé. Modou me demande comment je le veux: "doux comme la vie, fort comme la mer, ou sucré comme l'amour?". Je choisis l'option 3.

Plus tard, pn se beigne dans l'océan. Les vagues sont assez fortes mais l'eau est très agréable. Il y a des vagues allant jusqu'à 1,5 mètres d'hauteur. Mabou porte des péruques et me le cache, mais la puissance des vagues me révèlent son secret. Elle est genée et cherche "ses cheveux". Modou les a récupéré mais lui cache. Puis les mets sur sa tête et s'en va la saisir.

La journée passe. On n'a pas foutu grand chose. Juste une journée tranquille le long de l'eau. Mabou et François, un artisan local, s'éloignent et vont se laver au puit une petite centaine de mètres plus loin. Je me rince ensuite aussi avec l'eau de ce puit. J'en profite pour prendre quelques photos du campement à l'abandon.

Une calèche vient ensuite nous chercher. Je monte. Ca bouge encore plus qu'un taxi brousse. Je dois me tenir assez bien afin de ne pas me casser la gueule. Le cheval n'arrête pas de peter non plus, ce qui nous cause quelques fou-rires.

A cheval, nous allons de plus en plus loin dans la brousse, nous passons par pas mal de puits de sel, le nouvel or local. La brousse est plus verte par ici. Par chance, je vois un chacal dans des mangroves. J'en ai pris une photo. Savez-vous le trouver?

On se pose ensuite à un endroit le long du Saloum où l'on peut observer des hyènes. Le soleil se couche et elles sortent des mangroves pour aller chasser. On en observe 7 au total. Je suis assez impressionné de voir ces chasseurs de si près de manière sauvage. Nous quittons ensuite l'endroit et nous rapprochons de 3 hyènes. J'en profite pour rapidement prendre une photo.

De retour à Palmarin, une voiture nous attend. Sur la route, on croise une autre voiture qui semble être en panne. On s'arrête afin de l'aider. Un nouvel exemple de solidarité à l'africaine. La voiture n'arrive pas à démarrer et doit aller à Samba Dia. Nous l'attachons de manière fort artisanale à notre voiture avec une corde qui romp plusieurs fois sur le trajet. Une fois à proximité de Samba Dia, son moteur se remet miraculeusement en route. Il claxonne quelques fois pour remercier et continue ensuite son trajet.

Arrivé à Samba Dia, l'électricité est a nouveau en panne. On a tout le mal au monde pour trouver un endroit où manger. Nous nous retrouvons finalement chez les chrétiens du jour avant, où la cuisinière prépare le repas avec une minuscule lampe de poche. C'est également mon cas ensuite, car je devrai décortiquer mon poulet avec la faible lumière qu'est une petite bougie. Les chrétiens chez qui je suis se saluent en disant asalaama aleikum, je suis assez étonné, mais c'est fort courant par ici avec les différentes religions qui se tolèrent.

Sur le chemin du retour, j'explique à Modou la Croix du Sud et comment celle-ci fut utilisée par les navigateurs des siècles passées en absence d'Etoile du Nord dans l'hémisphère sud. Je suis toujours ému quand je vois cette constellation, car je sais que je suis loin de chez moi.

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Sénégal 2011 : Jour 12 : Samba Dia et l'île de Mar Lodj

25.09.2011 par Mich

Le jour se lève et très vite la température monte. Je suis dans ma chambre, caché sous un filet pour éviter des piqures de moustique. Je ne suis pas loin du Sine Saloum et le paludisme ici est plus fréquent qu'ailleurs, même si cela reste une chose rare. Je met le ventilateur en route, je n'en peux plus de la chaleur.

Je m'en vais ensuite prendre le petit déjeuner. Je suis seul dans une espèce d'énorme case ouverte au milieu d'un magnifique jardin.

Au retour dans ma chambre, je remarque que des centaines de pince-oreilles sont présentes sur le filet autour de mon lit et par terre. D'où viennent-elles donc soudainement? Je lève la tête et constate qu'il y a en fait, sous le toit de ma case, un énorme nid de pinces oreilles. Brrrr. J'en informe Modou et Mabou, qui me changent immédiatement de chambre. Je n'en demandais pas autant, mais bon, tant qu'à faire.

Modou m'emmène ensuite visiter le village. Il me présente à divers personnes qui pratiquent encore des métiers de manière très artisanale et basique. Des forgerons, bucherons, couturiers, cordonniers, une femme qui fait de la poterie, etc.

Le marché de Samba Dia

Le cordonnier de Samba Dia

Le forgeron de Samba Dia 

Le quinquailler de Samba Dia, en train de faire une hache. 

Il commence à faire chaud. Très chaud. Trop chaud. Nous rentrons. Je vais faire une petite sieste dans ma case avant que l'on bouge vers le prochain endroit: Mar Lodj.

Pour le reste de la journée, Modou a loué une voiture. Nous partons direction N'Dangang où nous prendrons unepirogue direction l'ile de Mar Lodj, dans le Sine Saloum. Nous traversons la brousse et nous arrêtons dans un village, où une femme a fait signe et aimerait que nous la déposions plus loin. Solidarité à l'africaine. Elle monte à bord. Au moment où le chauffeur veut redémarrer la voiture est coincée dans le sable. Quelques jeunes du coins nous aident en poussant la voiture.

Arrivé à N'Dangang, nous montons sur la pirogue. Le trajet vers l'ile dure une demie heure sur le Saloum, un impressionant delta avec des kilomètres de mangroves.

Nous arrivons finalement à Mar Lodj, au niveau des campements et habitations des toubabs. Nous continuons le reste du trajet à pied, vers le village, en marchant sur un énorme terrain vague sans aucune végétation à cause du sel marin. 

Un local nous fait le tour du village. Un village sans electricité et sans eau courante. Le village est assez isolé et utilise encore le tamtam téléphonique afin de rassembler des gens en cas d'incendie, de noyade en mer ou autre.

Le tamtam téléphonique de Mar Lodj

La cour de récré de l'école de Mar Lodj 

Notre guide est également un artisan. Il fait des trucs qui sont assez joli. Je vois un truc qui pourrait bien intéresser ma grand-mère et lui achète pour un prix qui lui fait beaucoup plaisir. Le guide me dit qu'il est triste, que beaucoup de gens viennent sur l'ile mais ne visitent pas le village, qu'ils restent au campement sans même s'approcher du Sénégal tel qu'il est. Au loin, deux femmes ont vues que j'ai acheté quelque chose de l'artisan. Elles insistent pour que j'achète également chez elles: les temps sont dures, mauvaise récolte et il passe parfois une semaine avant qu'ils voient un toubab débarquer dans le village. Je leur achète également quelques petites bricoles, juste pour leur faire plaisir.

Nous retournons vers la pirogue. Le retour vers N'Dangang se fera par l'ile aux oiseaux, un endroit où l'on trouve toute sorte d'oiseaux: pélicans, mouettes, hérons, cormorans, flamants roses,... Mais très peu d'entre eux sont au rendez-vous.

Le faux baifal alcolo 

A Mar Lodj, un baifal chrétien s'était joint à nous pour le trajet en pirogue et voiture jusque Samba Dia. Il doit se rendre en Casamance pour une communion et compte le faire qu'en stop. Courageux! Il a l'air assez alcolo en fait, il n'arrête pas de boire. Ca agace notre chauffeur à N'Dangang qui est musulman et ne veut pas de ça à bord de sa voiture. Nous rentrons pendant que le soleil se couche. Les couleurs de la brousse à ce moment de la journée sont magnifiques.

A l'arrivée à Samba Dia, nous allons prendre un café au croisement des 3 routes: l'une vers Joal-Fadiouth, l'autre vers Palmarin et encore une autre vers N'Dangang d'où nous venons. Je profite d'être au village pour acheter un coupe-ongle, un oubli, car je commence à ressembler à une vieille sorcière avec plein de crasse en dessous de ses ongles. Le coupe-ongle fait également décapsuleur, si ca c'est pas uberawesome je ne sais pas. De plus, il y a un logo Honda dessus, ca déchire fieu!

Nous mangeons au soir du poulet dans le jardin d'un petit restaurant chrétien. Au fond du jardin, il y a une vierge noire avec une décoration assez kitsch autour.

Modou tape de la sauce piquante sur son poulet. Je fais pareil. Il me prend pour un fou. Au final, je mange toute ma sauce piquante mais lui a du mal: "c'est trop piquant!". J'ai coulé un sénégalais au piquant. Belle fin de journée!

 

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Sénégal 2011 : Jour 11 : Samba Dia et le baobab géant

24.09.2011 par Mich

Après avoir pris le dernier petit-déjeuner à Joal-Fadiouth, je me dirige vers l'autre gare de taxi-brousse de la ville, plus petite, qui relie la ville aux villages qui se trouvent le long du Sine Saloum. Je demande à quelques personnes si je suis bien au bon endroit, ils me disent que oui. Je dis ensuite que je me rend à Samba Dia et l'on me demande si j'en suis certain. Un toubab à Samba Dia, ça leur parait étrange, mais pourtant, c'est bien là que je vais.

Au départ, il y a deux personnes dans mon taxi brousse. On me dit que ça va prendre du temps, car la camionnette doit être remplie de passagers avant de se mettre en route. Au bout de 30 minutes, nous sommes prêts à partir. J'ai compté 13 personnes et une ou deux sur le toit.

A peine partis, je suis obligé de revoir ma définition du "taxi-brousse". En effet, le 7 places que j'ai pu prendre jusqu'ici me semble bien luxueux comparé à ce véhicule et les routes qu'il utilise. Il n'y a pas de route, en fait, juste des pistes. Mais les pistes ne sont pas en trop bon état et le chauffeur préfère rouler à coté, sur les traces laissé par les chevaux et leurs calèches. J'en profite pour prendre quelques photos, mais surtout de faire cette vidéo.

Au bout d'une bonne demie heure de route, le taxi-brousse arrive à Samba Dia, un petit village en pleine brousse. Il y a pas mal de huttes avec des toits en paille. Quelque chose auquel je ne m'attendais pas directement. Modou, qui gère avec une française le lieu ou je logerai, vient me chercher. Il m'emmène aux cases où je laisse mon sac.

En dehors des cases, Modou est également artisan. Il sculpte des objets qu'il vend au pied d'un baobab dit le plus "gros" du Sénégal. Tout ça me semble en fait un peu attrape-touriste, mais je ne m'attarde pas trop la dessus. Dans l'après-midi, nous irons là.

Nous nous redirigeons vers le lieu des taxis-brousses, où il est venu me chercher, afin de se diriger vers ce fameux baobab. Je monte à bord d'une voiture. Je suis tout serré. Mes pieds viennent à hauteur de mes fesses tellement le siège est bas. Vient ensuite un moment où je pousse mon dos contre le siège, et voila que quelque chose d'inattendu se produit: le siège se déboite. En se déboitant, il pousse un moteur de bateau (?!) que quelqu'un avait placé dans le coffre. Je le retiens de justesse, chose que nous devrons d'ailleurs faire à plusieurs personnes pendant le trajet car... le coffre ne se ferme pas. Pour Modou, il n'y a plus de place, il montera sur le toit avec 2 autres personnes.

A nouveau, le trajet se passe le long des pistes. Pas vraiment de routes ici non plus. Il y a des baobabs sur les plaines à perte de vue. Une grande partie des terrains sont blancs et inondables lors des marées hautes en saison humide. J'aperçois quelques flamants roses le long de la route.

Quelques dizaines de minutes après, nous arrivons au baobab. Un baobab qui, effectivement, est très large et serait âgé de près de 850 ans. A son pied, il y a beaucoup d'artisans vendant leurs objets. Ils voient en moi un portefeuille ambulant. J'ai beau leur dire que je suis avec Modou, ils ne me lâchent pas. J'ai près de 3 heures à tuer sur place. Le tour du baobab est vite fait et je décide d'un peu m'éloigner du baobab le temps que Modou termine sa journée.

Le baobab, situé sur la piste entre Joal-Fadiouth et le Sine Saloum, est visité par beaucoup de touristes. Lorsque ceux-ci démarrent avec leur bus à ciel ouvert et me dépassent ils se moquent de moi: humour à deux balles, "mais que fais-tu là seul?", "tu t'es perdu, toubab?". Secrètement, c'est moi qui me moque d'eux et leur façon de voyager.

En retournant au baobab, on me propose de rentrer dedans. Il faut savoir que ces arbres sont creux à l'intérieur et que par le passé on y mettait les corps de personnes décédées. A l'intérieur, ca pue. Au dessus de moi, il y a quelques centaines de chauves souris. Le long du tronc, il y a aussi des milliers de blattes qui se baladent, dont une bonne partie qui me tombent dessus. A faire une fois dans sa vie!

Modou termine sa journée. Nous remontons la piste en attendant qu'un véhicule passe. Ici, il est habituel d'embarquer des gens que l'on croise le long de la route. Modou espère assez vite voir un véhicule passer. Coup de bol: un rapide (petit bus Mercedes blanc) arrive. Modou me dit de monter sur le toit. Je n'hésite pas un seul instant. Une magnifique expérience!

En arrivant à nouveau au village, une dizaine de personnes se ruent sur le rapide. Ils tentent par tous les moyens de vendre fruits, légumes et plein d'objets aussi inutiles soient-ils aux passagers. Modou et moi descendons. Il m'emmène boire un café touba chez une connaissance. Ensuite, il me fait un tour du village et me présente à ses amis et sa famille. Le village n'a pas d'eau courante, pour l'instant, les gens doivent se contenter de puits. Il y a aussi qu'en moyenne une à deux heures de courant par jour. En me promenant avec Modou dans le village je suis bluffé par l'authenticité de cet endroit.

Nous retournons ensuite à la case. Modou fait sa prière. J'en profite pour un peu me poser. Suit ensuite un petit cours de djembé, je me sent à peine touriste dans un grand hotel, du coup. Ensuite, nous discutons, religion, société, tout ça.

Pour terminer la soirée, nous allons direction le village. Il m'emmène manger un espèce de pain baguette, avec des pommes de terre, des oignons et de la viande de boeuf. C'est pas mauvais mais je n'en suis pas particulièrement fan non plus. Ensuite, nous allons chez son meilleur ami, Mustafa, qui est également le nom de son fils en honneur de leur amitié. Mustafa a fait pareil avec son fils, qui s'appelle Modou. A l'intérieur, la famille est captivée par le feuilleton bollywoodien qui fait fureur au Senegal. Le doublage est nul, les images un peu fantaisiste, mais c'est assez divertissant. Mustafa propose de boire un thé. Je ne dis pas non. Nous sortons. Et puis c'est la coupure d'électricité. Tout le village se retrouve plongé dans le noir, certains endroits sont éclairés par des phares de voiture et les étoiles sont très visibles. Je ne pensais pas la voir ici, mais la Croix du Sud est présente. Je retourne vers ma case. Je m'endors sur le bruit des grillons.

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Sénégal 2011 : Jour 10 : l'île et le cimetière de Fadiouth

31.05.2011 par Mich

Je me réveille assez tard. Il doit être près de midi. Mais visiblement il n'est pas trop tard pour prendre le petit déjeuner. J'en profite pour le manger en terrasse, en regardant l'océan et son incessant ballet de pirogues de pêcheurs, mouettes et pélicans. Le petit déjeuner me goute vraiment.

De retour dans la chambre, j'en profite pour allumer deux minutes mon ordinateur. Il n'a plus de batterie. Je le met en charge. Pendant qu'il est en charge, je l'utilise. Très vite je réalise que quelque chose ne va pas. Des que je touche les parties métalliques de mon macbook, je recoit une décharge. Merde. Le mac n'a pas supporté le choc de la petite chute qui l'a légèrement défiguré à San Francisco. Je le laisse en charge quelques instants. Ensuite, je retire le chargeur, histoire de juste l'utiliser 5 minutes sans me prendre une nouvelle décharge. C'est en prenant retirant le chargeur que je recois une nouvelle décharge. C'est donc le chargeur qui déconne. J'ai le même problème avec le chargeur de mon téléphone. A nouveau une bonne clette d'électricité dans mes pattes. Le problème n'est donc pas mon matériel, mais le fait que ces prises n'ont pas de prise terre fonctionnant correctement. Amai mes pattes. Je préviens la propriétaire et teste d'autres prises dans la maison, ce n'est visiblement que dans ma chambre que le problème a lieu. Mais awwww quoi!

Cette fois, je revisite l'ile de Fadiouth, mais avec un, ou plutôt une guide. Elle est originaire de l'ile et y habite encore toujours. Elle m'explique tout sur l'ile. Le pourquoi du nouveau pont piétonnier, que l'ile est connue comme l'ile aux coquillages car ils gagnent du territoire sur la mer en y déversant des coquillages. Et comme dis précédemment, les habitants de l'ile était à l'origine tous païens. Ensuite sont arrivé les religions comme la religion musulmane suivie de la religion chrétienne via des missionnaires portugais au 18ème siècle. Ces racines communes sont aussi l'origine de l'harmonie entre religions, tant sur Fadiouth qu'ailleurs dans le pays. Les chrétiens ont aidés à la construction de la Grande Mosquée de Fadiouth, et les musulmans ont aidés à la reconstruction de l'Eglise de Fadiouth lorsque celle-ci a été détruite par une tempête en 1999.  

En suivant un autre pont piétonnier, on arrive à un autre lieu d'harmonie religieuse: le cimetière mixte chrétien-musulman de Fadiouth, avec ses tombes recouvertes de coquillages et ses baobabs éléphant.

Je retourne ensuite au campement. Il y a personne. Il n'y a plus d'eau ni d'électricité. Le calme total. J'en profite pour faire une sieste, accompagné par la maitresse de la maison.

Au soir, je vais manger chez ce libanais, le Dianamreck. Le plat est un régal avec ses kefta et sa purée de pois-chiche, même si on est encore loin de l'excellente cuisine de chez Orientalia.

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Sénégal 2011 : Jour 9 : Joal-Fadiouth

30.05.2011 par Mich

Je prépare mes affaires. Il est temps de quitter La Somone. Je profite encore du petit déjeuner avec Youssou puis il me dépose au garage à taxi où je prendrai un clando (taxi collectif de 4 personnes) jusqu'à M'Bor, ca me coute 500FCFA, à peine moins d'un euro, pour un trajet de 10 kilomètres.

Arrivé à la gare de taxi-brousses de M'Bor, je trouve cette fois assez facilement mon chemin vers le bon taxi-brousse. Les "ksssss toubab!" et "hé, le jeune, comment tu vas?" n'auront aucun effet sur moi. Inutile de me vendre un taxi individuel hors de prix, je voyage comme tout le monde ici. Le trajet se passe assez bien. Je suis assis à coté d'un jeune sénégalais assez sportif qui est curieux à mon sujet: d'où je viens, ce que je fais dans la vie, etc. Arrivé à Joal, il m'accompagne dans le clando qui me déposera au Keur Seynabou qui sera mon domicile dans les prochains jours. Pas loin se trouve le stade de Joal, dont les murs ont été détruits il y a deux ans par des supporters non-satisfaits des résultats de l'équipe, mais un champion de lutte local aurait promis de le reconstruire. Ils attendent toujours.

Le Keur Seynabou est un petit coin de paradis. C'est une maison d'hôte toute fleurie, avec piscine et en bord de mer, tenu par une française qui habite ici depuis 6 ans. Depuis ma chambre, j'entend les vagues de l'océan. Il y a également quelques chiens et chats ici. Un superbe endroit. 

Je décide ensuite d'aller me balader, direction l'île de Fadiouth. Je n'ai pas envie de prendre de guide, je le ferai demain, là j'ai juste envie de découvrir par moi-même. Sur l'ile, les gens ne sont pas très accueillant, principalement dû au fait que je n'ai pas pris de guide (l'île bénéficie d'une partie des revenus venant des guides officiels). Une dame va même jusqu'à me dire que l'ile n'est pas sure, qu'il y a beaucoup d'insécurité et que je vais me faire agresser si je ne prend pas de guide. Tous les trucs sont bon.

Dans le village, j'ai de la chance, il y a une cérémonie qui n'a lieu qu'une fois par an, en mémoire des ancêtres. Cette cérémonie avait été bannie par les missionnaires portugais venant évangéliser l'île, car elle éveillerait Satan. Cette cérémonie est une ancienne pratique païenne, célébrée tant par chrétiens de l'ile que musulmans, car plus ancienne que l'arrivée des deux religions. Je vais ensuite direction le cimetière, un cimetière impressionnant par le nombre de croix blanches, coquillages et aussi baobabs qu'on y retrouve.

De l'ile et le cimetière vous aurez des photos dans le blogpost de demain, sinon j'ai des problèmes avec la douane pour exportation excessive de photos sénégalaise.

Il est bientôt 17h. C'est l'heure à laquelle les pêcheurs commencent à rentrer au port de Joal, l'un des 3 principaux ports de pêche artisanale du pays. Je m'y rend en clando. Une fois sur place, j'y assiste à un spectacle impressionnant. Dans une eau noire de pollution, des pirogues arrivent par dizaines de tous les côtes, avec des centaines de pêcheurs et leur pêche du jour à bord, attendu par leurs femmes et enfants et des centaines d'hommes en calèche. Le spectacle et riche en plein de sens. Je mitraille. Certains me demandent de les prendre en photo. Ce que je ne refuse pas, ce qui donne des jolis portraits. Un spectacle où l'on se croirait dans un tableau peint dans les années 1700, mais avec le GSM.

Au soir, j'ai faim. Le libanais qu'on m'avait conseillé est fermé ce lundi. Je vais donc direction le restaurant des pêcheurs, se trouvant au pied du pont piétonnier reliant le continent à l'ile de Fadiouth. Je mange des délicieuses crevettes, parfumées à l'ail et au basilic, suivi d'un poulet au gingembre qui avait un gout bizarre. Je deviens accro à tout type de jus: mangue, ananas, goyave,...

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Senegal 2011 : Jour 8 : Popenguine et la Forêt de Bandia

29.05.2011 par Mich

Peu après avoir pris un modeste petit déjeuner à la maison de Javier, je me dirige vers le garage de taxi. Je dois faire un aller-retour sur Popenguine et j'aimerai passer par la Forêt de Bandia qui est une réserve du coin assez connue pour ses animaux. Youssou m'avait conseillé de négocier ça pour 10000 francs CFA. Plus, ce serait abusé. En arrivant, un mec vient vers moi, il semble être le seul présent pour l'instant au garage de taxi, ça ne sera pas trop en ma faveur. Il me demande 20000. Je refuse. Je réussi à négocier le prix à 130000 francs CFA. Il accepte. Nous nous mettons en route.

Nous démarrons, il met sa musique, un lecteur MP3 d'une marque chinoise branché sur un amplificateur qui produit des sons trop forts pour ses baffles, le lecteur a une petite télécommande qui ne marche qu'à 1cm de l'appareil, mais faut absolument qu'il me montre ca. Le son crépite de tous les cotés. Mais ca ne l'empêche pas sur la route de ralentir dès qu'il voit une fille et de faire le Ronny sénégalais. 10 minutes après avoir démarré, le mec me dit: "je vais devoir m'arrêter, je dois souder mon pot d'échappement". Je lui dis qu'il avait du me dire ça avant, que ce n'est pas comme ça qu'on fait des affaires avec des clients, que de telles choses jouent sur le prix. Il tente de me rassurer, en disant qu'il en a que pour 5 minutes. Je suis relativement sceptique.

A Nguekhokh, il s'arrête, il demande à des garagistes de souder son pot échappement. Puis il revient vers moi: "ils vont en avoir pour 15 minutes". Je lui montre mon mécontentement. Il remonte directement dans son taxi pour me dire "ca va, ca va, on va partir!". Il tente de remettre sa voiture en marche, mais celle-ci refuse. La batterie de son véhicule ne semble plus être bonne non plus. Il y a de la fumée qui sort de son capot, et il y a même de la fumée dans l'habitacle. Je l'aide à pousser son véhicule pour le remettre en route mais rien n'y fait. J'en ai ras-le-bol. Je prend mon portefeuille, lui laisse 2000 FCFA en lui remerciant et souhaitant la bonne journée.

Je remonte la N1 à pied, en espérant qu'un taxi klaxonne afin que je puisse monter dedans. 10 minutes après, il me rattrape. Il désespère. Il veut à tout prix me récupérer comme client. Je lui dis que je ne remonterai son taxi que si on renégocie le prix, car il m'a fait perdre du temps. On s'accord à 11000, prix total (et donc, je lui doit encore 9000). Il m'embarque. Il s'arrête à une station service afin de remettre de l'essence. Il me demande une avance, je refuse, lui disant qu'il venait de recevoir 2000 FCFA de moi et que ca devrait suffire pour le trajet. Il comprend que ca ne marchera pas et remplit son véhicule comme je lui avait dis.

La route vers Popenguine se passe bien pour la suite. Popenguine est un charmant village, qui n'a pas trop perdu de son authenticité grâce à la réserve naturelle qui entoure le Cap de Naze (#truestory!), la plage est magnifique avec d'impressionnantes falaises. Etonnement, peu de toubabs et aucun vendeur qui vient vous solliciter. Ce pays n'a pas fini de me surprendre. Je descend vers le Cap de Naze, en passant par un groupe de jeunes qui joue au foot sur la plage, puis remonte ensuite vers le village.

 

Il est l'heure de manger mais je n'irai pas à ce restaurant sur la plage, je préfère remonter un peu afin d'y manger dans ce petit restaurant français avec une impressionnante vue sur mer et, ce que j'ai seulement réalisé ayant fini mon plat, ce qui ressemble à une peau de chien mort depuis quelques temps (mais qui à mon avis n'a pas du mourir à cet endroit, surement emporté par l'un ou l'autre vautour ou autre animal).

Vient ensuite la deuxième partie de la journée, la Foret de Bandia. A l'arrivée, on me dit qu'il est impossible de faire le tour en 4x4, sauf si je paie seul le prix de location du véhicule (40000 FCFA ou 60 euros), ce que trouve un peu excessif, surtout que ça n'inclut pas encore mon accès au parc ni le guide. Le gardien me dit que la route est tout à fait praticable par le taxi. Je tente de négocier avec le chauffeur qui me demande 6000. Je lui dit 4000. Il refuse. Je lui dit qu'on rentre à La Somone et soudainement il accepte l'offre. Prix total pour visiter le parc, donc: 10000 FCFA (accès véhicule), 10000 FCFA (accès personne), 4000 FCFA (guide) et 4000 FCFA pour le taxi, donc 28000 FCFA (ou 43 euros), ce qui fait assez cher, mais #pourunefoisquonestenafrique!

 

 

La Foret de Bandia fait près de 700 hectares et forme une réserve avec plusieurs rhinocéros, antilopes, buffles, kudu, giraffes, zèbres et, arrivé de manière tout à fait sauvage, des singes. Il y a également dans un environnement barricadé une hyène ainsi qu'une multitude de crocodiles. La réserve de Bandia est une bonne initiative, surtout dans un Sénégal où la conscience écolo n'existe pas trop. Pourtant, j'en étais assez déçu, mais ce n'est pas le Kenya non plus. Il y a dans le parc un baobab éléphant dont l'intérieur a servi de tombeau de griots, une ancienne pratique sérère avant l'arrivée de la religion musulmane.

 

La visite s'achève, il est temps de retourner à La Somone. Une fois arrivé, je paie les 13000 FCFA restants à mon chauffeur de taxi. Il me réclame encore 2000, me disant que j'avais dis que j'allais lui donner 15000 FCFA. J'insiste sur le fait qu'il avait déjà reçu 2000 avant, mais il ne veut pas lâcher. Je commence à m'énerver et le ton monte. Je lui explique que je ne suis pas un portefeuille sur pattes et qu'il ne faut pas constamment chercher à m'arnaquer. Des gens autour m'ont entendus et le regardent, il est gêné, il lâche prise. Ce mec est exceptionnel.

Au soir, Javier ramène du mouton de la dibiterie (commerçants qui vendent de la viande grillée), je suis d'abord pas fan ayant vu à quoi ressemble les conditions d'hygiène dans une dibiterie, mais je me dis qu'il va falloir vaincre ce tabou à un moment ou un autre, ce soir est idéal. Je ne le regrette pas. La viande est très bonne et se mange avec les mains, elle est certes un peu grasses, mais pas moins délicieuse pour autant. Javier part se reposer, je reste à table avec Youssou. On parle d'un tas de sujets, allant de la religion, au Sénégal, mais aussi en Europe. Youssou me confie qu'il est Baifal, un mouvement musulman assez ouvert, proche de ce que nous avons tendance à appeler en généralisant un peu "rasta".

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Senegal 2011 : Jour 7 : La Somone

22.05.2011 par Mich

Lentement mais surement je me réveille. Je décide d'aller direction la plage afin d'aller faire un tour en bateau dans la lagune de La Somone. La plage n'est pas du tout la même. Nous sommes samedi et nombreuses écoles de Dakar ont débarqués et la plage est bondée d'écoliers. "Hé toubab, hé toubab!". Ils sont droles, se moquent des fois de moi. "Salut, je viens de La Rochelle" me dit un d'eux, puis un pote lui dit moqueur en wolof "tu viens de Ouakam!". Ca y'est. J'ai enfin compris un truc en wolof autre que pour dire aux taxis de me laisser tranquil.

La lagune est un endroit très calme. Très paradisiaque. Blindé d'oiseaux qui se reposent sur les nombreux bancs de sables: pélicans, milans noirs, mouettes, cormorans,... Le long de la lagune il y a plein de mangroves. Sous leurs racines, beaucoup d'huitres et de moules. Au soir, des femmes vont faire la récolte. Il y a également quelques élevages français de huitres. 

 

 

 

Au bout d'une heure trente, c'est la fin de la visite. Le bateau me dépose sur ma demande à l'autre coté de la lagune, à un café-restaurant bien touriste mais qui semble calme. J'en profite pour aller me coucher dans un hamac, en regardant et écoutant le ballet incessant d'oiseaux. Au bout de quelques heures, je décide de rentrer. La plage où les écoliers se trouvaient s'est transformé en véritable décharge.

 

Au soir, je vais manger "Chez Jean-Marie", un autre sénégalais chrétien de La Somone. Il me propose une crèpe aux fruits de mer, j'hésite, mais je prend finalement. La crèpe contient crabe, lotte, crevettes, scampis, champignons et plein d'autres trucs dont j'ai oublié le nom. Au loin j'entend des chants venant d'une mosquée avoisinante. Un truc que je n'arriverai jamais à décrire mais qui était superbe. Quelques instants après, des "sénégaulois" arrivent, des français vivant ici et qui se sentent obligé de citer "France" ou "français" 6 fois par minute. Leur discussion m'énerve. Elle est très xénophobe et homophobe. Ca parle du mérite d'être français, chose dont, d'après eux, Zinédine Zidane et Dominique Strauss-Kahn n'auraient pas droit. Et puis vient l'autre discussion, "on a été foutre un pd à l'éducation! Ces mecs sont ministres et sensés être un exemple!". Ils m'énervent. Je termine rapidement et pars pour aller me coucher.

A chaque fois que je bois une Gazelle ou Flag, j'ai mal à la tête. Ce soir c'est à nouveau le cas. Vous allez pouvoir me couler au retour, les amis, car je ne boirai plus une goute d'alcool ici et j'en ai encore pour 3 semaines!

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