Je prépare mes affaires. Il est temps de quitter La Somone. Je profite encore du petit déjeuner avec Youssou puis il me dépose au garage à taxi où je prendrai un clando (taxi collectif de 4 personnes) jusqu'à M'Bor, ca me coute 500FCFA, à peine moins d'un euro, pour un trajet de 10 kilomètres.
Arrivé à la gare de taxi-brousses de M'Bor, je trouve cette fois assez facilement mon chemin vers le bon taxi-brousse. Les "ksssss toubab!" et "hé, le jeune, comment tu vas?" n'auront aucun effet sur moi. Inutile de me vendre un taxi individuel hors de prix, je voyage comme tout le monde ici. Le trajet se passe assez bien. Je suis assis à coté d'un jeune sénégalais assez sportif qui est curieux à mon sujet: d'où je viens, ce que je fais dans la vie, etc. Arrivé à Joal, il m'accompagne dans le clando qui me déposera au Keur Seynabou qui sera mon domicile dans les prochains jours. Pas loin se trouve le stade de Joal, dont les murs ont été détruits il y a deux ans par des supporters non-satisfaits des résultats de l'équipe, mais un champion de lutte local aurait promis de le reconstruire. Ils attendent toujours.


Le Keur Seynabou est un petit coin de paradis. C'est une maison d'hôte toute fleurie, avec piscine et en bord de mer, tenu par une française qui habite ici depuis 6 ans. Depuis ma chambre, j'entend les vagues de l'océan. Il y a également quelques chiens et chats ici. Un superbe endroit.



Je décide ensuite d'aller me balader, direction l'île de Fadiouth. Je n'ai pas envie de prendre de guide, je le ferai demain, là j'ai juste envie de découvrir par moi-même. Sur l'ile, les gens ne sont pas très accueillant, principalement dû au fait que je n'ai pas pris de guide (l'île bénéficie d'une partie des revenus venant des guides officiels). Une dame va même jusqu'à me dire que l'ile n'est pas sure, qu'il y a beaucoup d'insécurité et que je vais me faire agresser si je ne prend pas de guide. Tous les trucs sont bon.

Dans le village, j'ai de la chance, il y a une cérémonie qui n'a lieu qu'une fois par an, en mémoire des ancêtres. Cette cérémonie avait été bannie par les missionnaires portugais venant évangéliser l'île, car elle éveillerait Satan. Cette cérémonie est une ancienne pratique païenne, célébrée tant par chrétiens de l'ile que musulmans, car plus ancienne que l'arrivée des deux religions. Je vais ensuite direction le cimetière, un cimetière impressionnant par le nombre de croix blanches, coquillages et aussi baobabs qu'on y retrouve.
De l'ile et le cimetière vous aurez des photos dans le blogpost de demain, sinon j'ai des problèmes avec la douane pour exportation excessive de photos sénégalaise.
Il est bientôt 17h. C'est l'heure à laquelle les pêcheurs commencent à rentrer au port de Joal, l'un des 3 principaux ports de pêche artisanale du pays. Je m'y rend en clando. Une fois sur place, j'y assiste à un spectacle impressionnant. Dans une eau noire de pollution, des pirogues arrivent par dizaines de tous les côtes, avec des centaines de pêcheurs et leur pêche du jour à bord, attendu par leurs femmes et enfants et des centaines d'hommes en calèche. Le spectacle et riche en plein de sens. Je mitraille. Certains me demandent de les prendre en photo. Ce que je ne refuse pas, ce qui donne des jolis portraits. Un spectacle où l'on se croirait dans un tableau peint dans les années 1700, mais avec le GSM.














Au soir, j'ai faim. Le libanais qu'on m'avait conseillé est fermé ce lundi. Je vais donc direction le restaurant des pêcheurs, se trouvant au pied du pont piétonnier reliant le continent à l'ile de Fadiouth. Je mange des délicieuses crevettes, parfumées à l'ail et au basilic, suivi d'un poulet au gingembre qui avait un gout bizarre. Je deviens accro à tout type de jus: mangue, ananas, goyave,...