Le jour se lève et très vite la température monte. Je suis dans ma chambre, caché sous un filet pour éviter des piqures de moustique. Je ne suis pas loin du Sine Saloum et le paludisme ici est plus fréquent qu'ailleurs, même si cela reste une chose rare. Je met le ventilateur en route, je n'en peux plus de la chaleur.
Je m'en vais ensuite prendre le petit déjeuner. Je suis seul dans une espèce d'énorme case ouverte au milieu d'un magnifique jardin.
Au retour dans ma chambre, je remarque que des centaines de pince-oreilles sont présentes sur le filet autour de mon lit et par terre. D'où viennent-elles donc soudainement? Je lève la tête et constate qu'il y a en fait, sous le toit de ma case, un énorme nid de pinces oreilles. Brrrr. J'en informe Modou et Mabou, qui me changent immédiatement de chambre. Je n'en demandais pas autant, mais bon, tant qu'à faire.
Modou m'emmène ensuite visiter le village. Il me présente à divers personnes qui pratiquent encore des métiers de manière très artisanale et basique. Des forgerons, bucherons, couturiers, cordonniers, une femme qui fait de la poterie, etc.



Le marché de Samba Dia

Le cordonnier de Samba Dia

Le forgeron de Samba Dia

Le quinquailler de Samba Dia, en train de faire une hache.
Il commence à faire chaud. Très chaud. Trop chaud. Nous rentrons. Je vais faire une petite sieste dans ma case avant que l'on bouge vers le prochain endroit: Mar Lodj.
Pour le reste de la journée, Modou a loué une voiture. Nous partons direction N'Dangang où nous prendrons unepirogue direction l'ile de Mar Lodj, dans le Sine Saloum. Nous traversons la brousse et nous arrêtons dans un village, où une femme a fait signe et aimerait que nous la déposions plus loin. Solidarité à l'africaine. Elle monte à bord. Au moment où le chauffeur veut redémarrer la voiture est coincée dans le sable. Quelques jeunes du coins nous aident en poussant la voiture.

Arrivé à N'Dangang, nous montons sur la pirogue. Le trajet vers l'ile dure une demie heure sur le Saloum, un impressionant delta avec des kilomètres de mangroves.



Nous arrivons finalement à Mar Lodj, au niveau des campements et habitations des toubabs. Nous continuons le reste du trajet à pied, vers le village, en marchant sur un énorme terrain vague sans aucune végétation à cause du sel marin.

Un local nous fait le tour du village. Un village sans electricité et sans eau courante. Le village est assez isolé et utilise encore le tamtam téléphonique afin de rassembler des gens en cas d'incendie, de noyade en mer ou autre.



Le tamtam téléphonique de Mar Lodj

La cour de récré de l'école de Mar Lodj
Notre guide est également un artisan. Il fait des trucs qui sont assez joli. Je vois un truc qui pourrait bien intéresser ma grand-mère et lui achète pour un prix qui lui fait beaucoup plaisir. Le guide me dit qu'il est triste, que beaucoup de gens viennent sur l'ile mais ne visitent pas le village, qu'ils restent au campement sans même s'approcher du Sénégal tel qu'il est. Au loin, deux femmes ont vues que j'ai acheté quelque chose de l'artisan. Elles insistent pour que j'achète également chez elles: les temps sont dures, mauvaise récolte et il passe parfois une semaine avant qu'ils voient un toubab débarquer dans le village. Je leur achète également quelques petites bricoles, juste pour leur faire plaisir.
Nous retournons vers la pirogue. Le retour vers N'Dangang se fera par l'ile aux oiseaux, un endroit où l'on trouve toute sorte d'oiseaux: pélicans, mouettes, hérons, cormorans, flamants roses,... Mais très peu d'entre eux sont au rendez-vous.




Le faux baifal alcolo

A Mar Lodj, un baifal chrétien s'était joint à nous pour le trajet en pirogue et voiture jusque Samba Dia. Il doit se rendre en Casamance pour une communion et compte le faire qu'en stop. Courageux! Il a l'air assez alcolo en fait, il n'arrête pas de boire. Ca agace notre chauffeur à N'Dangang qui est musulman et ne veut pas de ça à bord de sa voiture. Nous rentrons pendant que le soleil se couche. Les couleurs de la brousse à ce moment de la journée sont magnifiques.


A l'arrivée à Samba Dia, nous allons prendre un café au croisement des 3 routes: l'une vers Joal-Fadiouth, l'autre vers Palmarin et encore une autre vers N'Dangang d'où nous venons. Je profite d'être au village pour acheter un coupe-ongle, un oubli, car je commence à ressembler à une vieille sorcière avec plein de crasse en dessous de ses ongles. Le coupe-ongle fait également décapsuleur, si ca c'est pas uberawesome je ne sais pas. De plus, il y a un logo Honda dessus, ca déchire fieu!
Nous mangeons au soir du poulet dans le jardin d'un petit restaurant chrétien. Au fond du jardin, il y a une vierge noire avec une décoration assez kitsch autour.

Modou tape de la sauce piquante sur son poulet. Je fais pareil. Il me prend pour un fou. Au final, je mange toute ma sauce piquante mais lui a du mal: "c'est trop piquant!". J'ai coulé un sénégalais au piquant. Belle fin de journée!